Banquet de Coulaines en présence de Laurent Fabius

Cher Laurent,

Chers concitoyens,

Chers amis,

Je vous remercie d’être venus aussi nombreux à ce septième banquet cantonal qui intervient dans un contexte politique et social pour le moins effervescent.

Je tiens à remercier les militants de la section socialiste de Coulaines-Neuville-Saint Pavace, (nouvellement nommée Léon Blum), et en particulier son Trésorier, Didier Le BARS, pour l’organisation matérielle de cette soirée. Vous pouvez les applaudir.

Ce soir, je souhaite saluer la présence, à nos côtés, de notre invité, dont la fidélité à Coulaines ne s’est jamais démenti, je veux nommer Laurent Fabius.

C’est un honneur de recevoir un homme d’Etat, qui a été le Premier ministre de François Mitterrand, Président de l’Assemblée nationale à deux reprises, Ministre de l’Economie et des Finances et aussi un élu proche de ses concitoyens par l’exercice de plusieurs mandats locaux en qualité de Maire de Grand Quevilly, de Conseiller Général de Seine-Maritime et de Président du Conseil Régional de Haute-Normandie.

Et c’est un plaisir de recevoir un ami, dont je soutiens l’action depuis vingt ans  pour la sincérité de ses convictions, la force de sa réflexion et son idéal républicain.

C’est également en voisin que Laurent FABIUS nous rend visite aujourd’hui, puisque l’autoroute A28 a rapproché la Sarthe et la Normandie. Notre développement passera demain par un partenariat renforcé. Dans le domaine du fret et de la logistique, le nouveau « Très grand port » du Havre offre à notre agglomération, forte de ses 5 branches autoroutières, des perspectives économiques indéniables.

Merci à toi, cher Laurent, d’être une nouvelle fois, la troisième, à nos côtés, à Coulaines, Et, pour ne pas changer les bonnes habitudes nous t’avons préparé quelques spécialités locales à déguster.

Tu retrouveras, ici, certaines similitudes avec le Grand Quevilly, dont tu es l’élu depuis trente ans, puisque Coulaines, la commune dont j’ai l’honneur d’être Maire et Conseiller général, est constituée de plus de 50% de logements sociaux.

Nous avons, comme dans ta ville, une forte action sociale structurée par nos services municipaux et de nombreuses associations. Ici, pas non plus de rodomontade, pas de stigmatisation, pas de « karcher » mais une action déterminée, patiente, solidaire et républicaine.

Notre ville, c’est aussi le sport avec le titre de « Ville la plus sportive des pays de la Loire » grâce à la richesse associative et à nos équipements sportifs. Nos espaces verts valorisent nos quartiers, Coulaines compte d’ailleurs parmi les 187 communes les mieux fleuries de France.

Je salue, également, la présence du Maire du Mans, Jean-Claude BOULARD, toujours fidèle à notre rendez-vous annuel, Patrick DELPECH, Premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste, Vice-président de la Région, et de nombreux élus locaux, de présidents d’association et la présence de plusieurs partis de gauche

Je salue nos nombreux amis des quartiers nord du Mans et des communes voisines de Neuville et Saint Pavace, dont je soutiens activement les projets associatifs, routiers et économiques. Je réaffirme, de ce point de vue, notre ferme opposition au contournement inutile et dispendieux du MANS par une nouvelle ligne TGV à grande vitesse. Le récent refus de la Commission européenne de le cofinancer nous renforce dans notre détermination.

Enfin, je salue chaleureusement tous ceux qui viennent pour conforter notre action et soutenir la gauche républicaine et progressiste.

Dans un an les élections présidentielles et législatives, dans un an l’Alternance.

On a voulu nous faire croire qu’il n’y avait plus ni droite ni gauche. La politique constante de l’actuel Président de la République, et de ses gouvernements successifs, nous prouve chaque jour le contraire.

J’en veux pour preuve : la politique de régression sociale engagée depuis 2002 avec une fiscalité toujours plus favorable aux plus riches, un accroissement des droits des employeurs face à ceux des salariés, une remise en cause des acquis sociaux et une valorisation de la rémunération du capital au détriment de la rémunération du travail ;

J’en veux pour preuve : l’absence d’écoute et de dialogue. Il ne faut pas oublier les victoires de la gauche aux élections européennes de 2003, aux élections cantonales et aux élections régionales en 2004. C’est la gauche qui a remporté 21 présidences de région sur 22 et c’est aujourd’hui Jacques Auxiette le président de la Région Pays de la Loire et non plus François Fillon ;

J’en veux pour preuve : la remise en cause des libertés publiques, avec la banalisation de l’état d’urgence, les lois PERBEN II qui étendent considérablement les pouvoirs de police pour la surveillance de chaque citoyen déclaré suspect, le projet – en cours – de carte d’identité à puce électronique.

Quel aurait été le destin de François Mitterrand ou des époux Aubrac avec une carte d’identité infalsifiable et un fichier centralisant les informations personnelles et biométriques de chacun ? Comment les républicains et les démocrates pourraient-ils résister à un état fasciste ou autoritaire ?

Face à ce projet de société inégalitaire et antisociale, il faudra que ces gouvernants finissent par nous entendre.

Le 29 mai, les français ont dit majoritairement « non » au libéralisme européen,
En novembre dernier, le soulèvement soudain des banlieues était aussi l’expression d’un mal être social,

Et aujourd’hui, le rejet du Contrat Première Embauche imposé de force, révèle la fracture sociale. ll est grand temps de retirer le CPE.

Je donnerai tout à l’heure la parole à Natacha Braque étudiante en droit et responsable de la coordination étudiante au Mans et habitante du canton, qui expliquera ses revendications et ses attentes.

Nous assistons à une véritable crise de régime.

Qui gouverne aujourd’hui ? Nos institutions sont menacées par un Président décrédibilisé et un gouvernement déchiré par deux premiers ministres. Aujourd’hui les intérêts de la France sont guidés par la loi d’un parti et des luttes qui devraient rester internes à l’UMP.

Un pays ne peut avancer lorsque son gouvernement se coupe de sa jeunesse et des forces vives du monde du travail.

Aujourd’hui, il faut redonner l’espoir.

Dans un an, l’élection présidentielle, un nouveau quinquennat, un nouveau Président qui, je l’espère, est ce soir parmi nous.

Je profite donc de la présence de Laurent Fabius pour formuler quelques idées tirées de mon expérience d’élu :

– Revaloriser et sécuriser le travail : on assiste aujourd’hui à une rupture de confiance entre les salariés et leur entreprise. Il faut ressouder le pacte social. Tous les jours, je rencontre des hommes et des femmes vivant de contrats précaires avec des horaires incomplets. Leurs revenus inférieurs à 1 000 euros par mois ne leur permettent plus de joindre les deux bouts. C’est anormal.

Les bas salaires doivent être rehaussés, le recours à des contrats à durée déterminée mieux encadré et les salariés informés et intéressés des profits de leur entreprise.

Parallèlement, les pouvoirs publics doivent renforcer les moyens de lutte contre le travail au noir et la fraude aux organismes sociaux. L’argent récupéré contribuerai, par exemple, à exonérer de charges sociales les primes versées aux salariés, à lutter contre la très grande pauvreté et à financer les retraites ;

– Le peps de la France est dans les banlieues. On ne doit pas pousser ses populations au désespoir. Un plan de rénovation de 1 000 quartiers devrait être engagé dès 2007. Il serait financé, en partie, par une taxe sur les communes d’agglomération possédant plus de 1 500 habitants et refusant d’avoir au moins 20% de logements sociaux.

Pour ne pas répéter les erreurs des années 60, chaque projet d’urbanisme devrait être validé par un architecte non pas des bâtiments de France mais des banlieues de France ;

– En matière de sécurité publique, la gauche doit cesser d’osciller entre angélisme et sarkosysme.

A Coulaines, le taux de délinquance est de 40 pour mille, soit la moitié de la moyenne nationale. Notre recette est simple : « main ferme et main tendue ». Nous agissons, chaque jour, sans naïveté, en conjuguant répression et prévention, solidarité avec les victimes et réinsertion des délinquants, confiance dans les forces de l’ordre et dialogue avec les jeunes, soutien par des aides sociales mais fermeté envers les perturbateurs. Résultat, le Front national ne dépasse pas les 10%.

La sécurité ne doit plus être absente de nos programmes électoraux mais nous devons rester fidèle à nos valeurs humanistes et à la protection des libertés publiques ;

– Il faut donner la priorité absolue à l’éducation nationale pour favoriser l’élitisme pour tous. Mais pour cela, il faudrait changer de méthode.

Des crédits d’Etat supplémentaire et la mobilisation des enseignants ne suffiront jamais tant que l’ensemble de la société ramera à rebours de l’Education nationale. Comment élever le niveau des enfants alors que notre société de consommation vise au contraire à constamment le rabaisser ? Il faut réduire les heures passés devant les écrans de télévision ou d’ordinateur, faire rentrer massivement les livres dans les familles, et aider les parents – en particulier les femmes seules – à mieux exercer leurs responsabilités ;

Par ailleurs, évitons les grandes réformes qui ne bousculent que les mythes et les symboles. Trouvons des solutions simples et pratiques à l’échec scolaire qui se cristallise entre 4 et 14 ans : fusion des écoles maternelles et primaires, apprentissage des rudiments de la lecture et des langues étrangères dès la moyenne section de maternelle, parcours individualisé pour l’acquisition des savoirs de base, constitution d’équipe pédagogique établissant un projet d’école, soutien scolaire renforcé pour les enfants en échec et renforcement des équipes psycho-éducatives.

De même, l’organisation actuelle du collège n’est plus adaptée aux jeunes enfants. La rupture est trop forte avec le primaire. Pourquoi ne pas choisir d’harmoniser les rythmes scolaires ? Au collège, un enfant sur deux se lève cinq jours par semaine à 6 H 30 pour être en cours à 8 H 00. Pourquoi ne pas constituer des pôles d’enseignement pour limiter le nombre de professeurs par classes et encourager la stabilité des équipes éducatives ?

Les collectivités locales doivent, en parallèle, exercer leurs responsabilités pour favoriser les pratiques artistiques, scientifiques et sportives sur le temps peri-scolaire ;

– Les prisons françaises sont indignes de notre république. Il faut accélérer le programme de construction actuellement envasé dans les procédures européennes et l’inertie de l’appareil d’Etat.

L’exemple de Coulaines est frappant. Depuis le choix par l’Etat du site des Croisettes en 1998 pour la construction d’un centre de détention de 500 places, nous avons usé cinq ministres et quatre préfets et chaque année la livraison des bâtiments est reculée de six mois. Nous comptons sur la prochaine majorité pour changer la donne et humaniser les prisons pour favoriser la réinsertion ;

– Le déficit de l’Etat doit être réduit drastiquement. On ne peut transférer éternellement nos dépenses sur les générations futures.

Il faut passer du stade du « toujours plus » à celui du « toujours mieux ». Chaque dépense nouvelle doit se conjuguer avec la suppression d’une dépense inutile, les bénéficiaires de la dépense publique doivent offrir une contrepartie à la collectivité et chaque euro dépenser doit contribuer à préparer l’avenir.

Laisser filer les déficits c’est condamner l’Etat, maîtriser la dépense publique c’est le relégitimer ;

– Enfin, il faut réinsuffler à la France l’esprit pionnier. La recherche, la création d’entreprise et les arts doivent être encouragés. Chaque jeune doit se dire que les pouvoirs publics et ses aînés le soutiendront pour devenir savant, ingénieur, chef d’entreprise, responsable d’association, créateur ou tout simplement pour réussir son projet de vie.

Notre nouvelle frontière doit aussi être celle d’une Europe solidaire, indépendante, laïque et citoyenne pour laquelle il nous appartient, dès maintenant, de réécrire un traité constitutionnel.

La reconquête est en marche. Reste à réinventer un projet de société conforme à notre époque, à nos valeurs et aux attentes de nos concitoyens car nous n’avons pas le droit à l’erreur.

Il s’agit également de s’exprimer avec franchise et détermination pour convaincre et rassembler.

Je sais que je peux compter sur votre précieux et fidèle soutien. Vous pouvez également compter sur moi pour rester à votre écoute, mener à bien nos projets locaux et prendre part au débat politique.

Je me battrai pour reconquérir la cinquième circonscription de la Sarthe et ainsi à fortifier notre future majorité présidentielle.

Vive notre modèle social et républicain !

Vivement une alternance solide et durable !

Je donne maintenant la parole à Natacha Braque, porte parole du mouvement étudiant.

Très bonne soirée à tous.